Santé de la femme
Temps de lecture :
5
min

Contraception féminine : comment choisir la méthode la plus adaptée ?

Publié le
02.02.2026

En bref

Il existe aujourd’hui de nombreuses méthodes de contraception, avec des niveaux d’efficacité différents. Le choix dépend de votre santé, de votre mode de vie et de vos projets.  Les méthodes dites longue durée (DIU, implant) sont parmi les plus efficaces car elles évitent les oublis. Une contraception peut être modifiée au fil du temps si elle ne convient plus. Un professionnel de santé peut vous aider à faire un choix éclairé et personnalisé.

Celsius Santé vous guide pas à pas.

En cas d'urgence vitale, veuillez composer le 15

Contraception : comment choisir la méthode la plus adaptée ?

La contraception est un enjeu essentiel de santé pour de nombreuses femmes. Elle permet de prévenir une grossesse non désirée, mais aussi de mieux connaître son corps, de gérer sa fertilité et d’adapter sa contraception à ses projets de vie. Face à la diversité des méthodes existantes, hormonales ou non, quotidiennes ou longue durée, il est parfois difficile de s’y retrouver. Le rôle du médecin est de vous accompagner pour trouver la méthode la plus adaptée à votre situation médicale, à votre rythme de vie et à vos envies, aujourd’hui comme demain.

Bonne nouvelle : il existe désormais des options sûres, efficaces et réversibles, et le choix n’est jamais figé.

Comment comparer l’efficacité des contraceptions ?

L’indice de Pearl est un repère clé. Il correspond au nombre de grossesses pour 100 femmes utilisant une méthode pendant un an.  Plus l’indice est bas, plus la méthode est efficace.

On distingue :

  • L’utilisation correcte et régulière (théorique),
  • Lutilisation courante (la “vraie vie” : oublis, retards, erreurs).

Faisons un tour d’horizon des différentes méthodes contraceptives. 

Quelles méthodes de contraception existent ?

1. Contraceptions longue durée (LARC)

On les appelle LARC (Long-Acting Reversible Contraception). Elles sont très fiables car elles ne reposent pas sur une prise quotidienne.
Elles nécessitent une pose/retrait par un professionnel de santé (médecin ou sage-femme).

1.1. Dispositif Intra-Utérin(Stérilet) au cuivre : sans hormones

Comment ça marche ?

Le stérilet au cuivre fonctionne par effet local : le cuivre perturbe la survie et la mobilité des spermatozoïdes, rendant la fécondation très difficile.
Indice de Pearl
: 0,6 (correcte et régulière) / 0,8 (courant)


Pour qui ?

  • Si vous souhaitez une contraception sans hormones,
  • Si vous voulez une méthode longue durée et “zéro oubli”.


Quels sont les bénéfices ?

  • Efficacité élevée, longue durée,
  • Retour rapide à la fertilité après retrait.


Quels sont les risques ou effets possibles ?

  • Règles parfois plus abondantes et/ou douloureuses au début,
  • Douleur à la pose, expulsion (rare),
  • Risque infectieux surtout si IST non dépistée.



1.2. Implant (progestatif)

Comment ça marche ?

L’implant libère en continu une hormone progestative. Elle empêche les ovaires de libérer un ovule et rend la glaire cervicale plus épaisse, ce qui empêche les spermatozoïdes d’atteindre l’utérus.
Indice de Pearl
: 0,05 (correcte et régulière) / 0,05 (courant)

Pour qui ?

  • Si vous voulez une méthode très fiable sans penser à la contraception.

Quels sont les bénéfices ?

  • Efficacité très élevée, durée prolongée.

Quels sont les risques ou effets possibles ?

  • Saignements imprévisibles,
  • Parfois acné, céphalées, variations d’humeur selon les personnes.



2. Contraceptions hormonales à prise régulière

Celles-ci sont efficaces, mais leur efficacité dépend de la régularité d’utilisation.

2.1. La pilule


Comment ça marche ?

Il existe deux grands types de pilules contraceptives, qui ne contiennent pas les mêmes hormones.

  • La pilule combinée associe un œstrogène et un progestatif.
  • La pilule progestative seule ne contient pas d’œstrogène. Elle est notamment proposée lorsque l’œstrogène est contre-indiqué ou non souhaité.

Le choix entre ces deux types de pilules dépend de votre situation médicale, de vos facteurs de risque et de vos préférences. Un professionnel de santé peut vous aider à déterminer laquelle est la plus adaptée. Les pilules progestatives seules sont souvent une alternative quand l’œstrogène n’est pas recommandé.
Indice de Pearl
: 0,3 (correct et régulier) / 2,4 (courant)


Quels sont les bénéfices ?

  • Méthode réversible,
  • Peut réduire douleurs de règles / symptômes cycliques chez certaines.


Quels sont les risques ou effets possibles ?

  • Oubli / retard : baisse d’efficacité,
  • Interactions possibles avec certains traitements,
  • Pour les méthodes avec œstrogène (pilule combinée, patch, anneau) : risque thromboembolique (phlébite/embolie), surtout chez les personnes à risque (tabac, migraine avec aura, antécédents, HTA, etc.).

2.2. Patch et anneau vaginal

Le patch contraceptif et l’anneau vaginal sont des méthodes hormonales, le plus souvent combinées (œstrogène + progestatif), comme certaines pilules.


Comment ça fonctionne ?

Les hormones sont diffusées de façon continue :

  • soit à travers la peau pour le patch,
  • soit par la muqueuse vaginale pour l’anneau.

Elles empêchent l’ovulation et modifient la glaire cervicale, ce qui empêche une grossesse.
Indice de Pearl
: 0,3 (correct et régulier) / 9 (courant)


Quels sont les bénéfices ?

  • Pas de prise quotidienne de comprimé,
  • Efficacité élevée en utilisation correcte,
  • Méthode réversible.


Quels sont les risques ou effets possibles ?

  • Efficacité diminuée en cas d’oubli ou de mauvais usage (retard de changement),
  • Effets hormonaux possibles (nausées, tension mammaire, maux de tête),
  • Contre-indications liées à l’œstrogène identiques à celles de la pilule combinée
  • (antécédent de thrombose, migraine avec aura, tabagisme important, HTA, etc.).

Les méthodes contenant de l’œstrogène ne sont pas adaptées à toutes les situations (migraine avec aura, tabac, antécédents de thrombose, HTA…).

2.3. Injection de progestatif (DMPA)


Comment ça fonctionne ?

L’injection diffuse un progestatif de façon prolongée. Cette hormone empêche l’ovulation et modifie la glaire cervicale, ce qui empêche une grossesse pendant plusieurs semaines.
Indice de Pearl : 0,3
(utilisation correcte et régulière) / 6 (utilisation courante)


Quels sont les bénéfices ?

  • Méthode efficace sans prise quotidienne,
  • Administration espacée (tous les 3 mois),
  • Pption possible lorsque l’œstrogène est contre-indiqué.


Quels sont les risques ou effets possibles ?

  • Saignements irréguliers possibles,
  • Prise de poids chez certaines personnes,
  • Retour de l’ovulation parfois retardé après l’arrêt, avec une grande variabilité selon les individus.

Cette méthode est plutôt adaptée si un projet de grossesse n’est pas envisagé à court terme.



3. Les méthodes barrières

Utiles, mais avec une efficacité plus variable selon l’utilisation. 


3.1. Préservatif féminin (interne)


Comment ça fonctionne ?

Le préservatif interne est placé dans le vagin avant le rapport. Il agit comme une barrière physique, empêchant les spermatozoïdes d’entrer en contact avec le col de l’utérus.
Indice de Pearl : 5
(utilisation correcte et régulière) / 21 (utilisation courante)


Quels sont les bénéfices ?

  • Protège contre le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles (IST),
  • Méthode sans hormones,
  • Utilisable ponctuellement, sans prescription médicale.


Quels sont les limites ou points de vigilance ?

  • Efficacité contraceptive très dépendante de la bonne utilisation,
  • Nécessite un apprentissage et une mise en place correcte à chaque rapport,

Le préservatif interne, comme le préservatif externe, est souvent recommandé en complément d’une autre méthode contraceptive, notamment en début de relation ou en cas de risque d’IST.

Comment Celsius Santé peut vous accompagner

La consultation de départ : comment se fait le choix ?

Une consultation permet de choisir une méthode efficace, sûre et adaptée à votre situation.

La Haute Autorité de Santé (HAS) recommande une première consultation de suivi à 3 mois, puis à 1 an, afin de vérifier la tolérance et l’efficacité de la méthode.

Concrètement, l’échange avec le médecin permet de faire le point sur :

  • vos antécédents médicaux (thrombose, migraine avec aura, hypertension artérielle, etc.) ;
  • vos facteurs de risque (tabac, âge, IMC…) ;
  • vos préférences personnelles (contraception hormonale ou non, gestion des règles, discrétion) ;
  • votre mode de vie (horaires, voyages, oublis possibles) ;
  • votre projet de grossesse, à court ou plus long terme.

Cette discussion permet de proposer une contraception personnalisée, qui pourra évoluer dans le temps si vos besoins changent.


Qui peut prescrire une contraception ?

En France, la contraception peut être prescrite par les médecins, les sages-femmes ainsi que par certaines structures de santé sexuelle.

Chez Celsius Santé, les médecins généralistes peuvent vous informer, vous aider à faire le point sur la méthode la plus adaptée à votre situation, prescrire une contraception et, selon la méthode choisie, poser un DIU (stérilet) ou un implant directement au centre.


Et si votre ordonnance de pilule est expirée ?

Dans certaines situations, les pharmaciens ou infirmier(e)s peuvent assurer un dépannage ou un renouvellement temporaire de pilule à partir d’une ordonnance récente, dans un cadre réglementé. Cela ne remplace pas une consultation médicale, mais peut éviter une interruption de contraception en attendant un rendez-vous.

Celsius Santé. Votre santé n’attend pas.

FAQ - Contraception féminine

1- “La contraception rend stérile”

Faux.
Pour la plupart des méthodes (pilule, DIU cuivre, DIU hormonal, implant), la fertilité revient rapidement après l’arrêt ou le retrait. Si une grossesse tarde après arrêt d’une contraception, ce n’est pas forcément “à cause” de la contraception : l’âge, des cycles irréguliers, une endométriose, un SOPK, etc. peuvent jouer.


2- “Le DIU est réservé aux femmes ayant déjà eu des enfants”

Faux.
Les recommandations françaises indiquent que les DIU peuvent être proposés à toutes les femmes sous réserve d’une évaluation médicale (antécédents, risque d’IST, etc.).
Pourquoi le mythe persiste ? Historiquement, on le proposait moins souvent aux jeunes femmes. Aujourd’hui, la pratique a évolué.


3- “La pilule fait toujours grossir” 

Plutôt faux.
Certaines femmes observent une prise de poids, d’autres non. Ce qui peut se produire :

  • Variations d’appétit,
  • Rétention d’eau,
  • Changements de mode de vie sur la même période.

Si vous avez ce ressenti, il est possible de changer de formulation ou passer à une autre méthode avec votre médecin/sage-femme.


4- “On n’a plus de vraies règles sous contraception hormonale”

Vrai… et c’est normal.
Sous pilule combinée, les saignements de la semaine d’arrêt sont le plus souvent des saignements de privation hormonale, pas des règles “naturelles”. Concernant le DIU hormonal :L’endomètre s’amincissant, les règles deviennent souvent moins abondantes ou peuvent disparaître. L’absence de règles sous DIU hormonal n’est pas forcément un problème : c’est souvent un effet attendu. En revanche, si vous avez douleurs importantes, fièvre, saignements anormaux persistants : il faut consulter.


5-
"Les pilules,patch,anneau, c’est pareil”

Pas tout à fait.
Ils peuvent tous contenir un œstrogène + progestatif (contraception combinée), mais :

  • la voie d’administration change (comprimé / peau / vagin),
  • la tolérance peut être différente,
  • et surtout : les contre-indications liées à l’œstrogène restent les mêmes (ex : migraine avec aura, antécédent de thrombose, HTA sévère…).

C’est pour ça qu’un vrai interrogatoire médical est essentiel avant de prescrire.


6- “Le stérilet peut “se balader” dans le corps”

Très largement faux.
Le stérilet est dans l’utérus. Les situations possibles (rares) :

  • Expulsion partielle ou complète (surtout dans les premiers mois),
  • Perforation au moment de la pose (exceptionnelle), d’où la nécessité d’une pose par un professionnel formé et d’un contrôle si symptômes.

Les signaux qui doivent faire consulter : Douleur intense persistante, fièvre, règles très anormales, suspicion de grossesse, fils non retrouvés associés à des symptômes.


7- “Le préservatif, c’est moins efficace donc inutile”

Faux.
En contraception, son efficacité dépend beaucoup de l’utilisation (d’où un indice de Pearl “courant” plus élevé). Mais il a un avantage majeur : c’est la méthode qui protège aussi contre les IST (avec le préservatif externe). C’est pourquoi, il est conseillé avant un rapport de mettre un préservatif en plus d’avoir une méthode très fiable (DIU, implant, pilule…) surtout en début de relation ou en cas de risque IST.

8- “Les méthodes “naturelles” sont aussi fiables si on est sérieuses”

En utilisation parfaite, certaines peuvent fonctionner… mais en pratique, l’efficacité baisse. Par exemple, la méthode basée sur l’ovulation a un indice de Pearl “Courant” nettement plus élevé. Si vous choisissez une méthode naturelle, il faut le faire avec un accompagnement sérieux (apprentissage, régularité, compréhension des limites) et prévoir une stratégie en cas d’imprévu.


Source :
Haute Autorité de Santé. Document de Synthèse "Méthodes contraceptives : Focus sur les méthodesles plus efficaces disponibles". Publié en mars 2013. Mis à jour en novembre 2017. Disponible sur has-sante.fr

Prendre rendez-vous

Inscrivez-vous pour rester informés de nos prochaines actualités.