En bref
Grande faiblesse, maux de tête, vertiges, nausées, vomissements, crampes, peau chaude, confusion... Pendant les fortes chaleurs, ces signes ne doivent pas être banalisés. Ils peuvent annoncer une déshydratation, un épuisement lié à la chaleur, voire un coup de chaleur, qui est une urgence médicale.
Le sujet est particulièrement important dès juin-juillet, lorsque les épisodes de fortes chaleurs deviennent plus fréquents.
La personne âgée est l’une des populations les plus vulnérables : elle ressent moins bien la soif, transpire moins efficacement et peut présenter des signes plus discrets, comme une fatigue inhabituelle, une somnolence, une confusion ou une perte d’autonomie.
Celsius Santé vous aide à reconnaître les signes, à agir rapidement et à protéger les personnes les plus fragiles pendant les vagues de chaleur.
En cas d'urgence vitale, veuillez composer le 15
Qu’est-ce qu’un coup de chaleur ?
Le coup de chaleur est la forme la plus grave des atteintes liées à la chaleur. Il survient quand l’organisme n’arrive plus à réguler sa température.
Il se manifeste généralement par une température corporelle très élevée, souvent autour de 40 °C ou plus, associée à des signes neurologiques : confusion, agitation, délire, convulsions, perte de connaissance ou coma.
Il ne faut pas le confondre avec l’épuisement lié à la chaleur ou la déshydratation, qui sont déjà sérieux mais encore réversibles plus facilement si l’on agit vite. Le coup de chaleur peut toucher un adulte après un effort intense par temps chaud, mais aussi une personne âgée, une personne ayant perdu son autonomie, ou une personne prenant certains traitements qui perturbent l’adaptation du corps à la chaleur.
Attention, ce n’est pas seulement une question de température. Le corps se refroidit principalement en évaporant de la sueur. Mais quand l'air est très humide, cette évaporation ne se fait plus. Un 30°C dans un air très humide peut être plus dangereux pour l'organisme qu'un 35°C très sec. C’est pourquoi, en cas d'humidité élevée, le ventilateur seul ne suffit plus : il faut impérativement mouiller la peau (brumisateur, linge humide) pour que le ventilateur puisse réellement refroidir le corps.
Pourquoi la personne âgée est-elle plus à risque ?
Avec l’âge, la régulation de la température est moins efficace, et surtout la sensation de soif peut devenir retardée ou peu marquée. Une personne âgée peut donc se déshydrater sans ressentir clairement qu’elle a besoin de boire. La chaleur est aussi plus dangereuse en cas de maladie chronique, de perte d’autonomie, d’isolement social, de logement mal adapté ou de prise de médicaments qui favorisent la déshydratation ou gênent les mécanismes de compensation.
C’est pour cela qu’en période de forte chaleur, une personne âgée qui devient inhabituellement fatiguée, confuse, somnolente, agitée ou moins autonome doit faire penser à un problème lié à la chaleur, même si elle ne se plaint pas beaucoup ou ne dit pas avoir soif. Avec un épuisement thermique, la température peut même rester normale, surtout chez les personnes âgées, ce qui peut retarder le repérage.
Ce qui doit alerter
Avant le vrai coup de chaleur, on observe souvent une déshydratation ou un épuisement lié à la chaleur.
L’épuisement lié à la chaleur associe surtout une grande faiblesse, des maux de tête, des vertiges, des nausées ou vomissements, une respiration rapide, une transpiration abondante, parfois un changement de comportement ou des troubles du sommeil inhabituels. La température se situe souvent entre 38 et 40 °C, mais peut aussi rester normale chez la personne âgée.
La déshydratation commence plus discrètement : soif, lèvres sèches, fatigue anormale, affaiblissement. Quand elle s’aggrave, peuvent apparaître une bouche très sèche, des yeux plus ternes, une peau sèche et pâle, une baisse des urines, des maux de tête, des vertiges, une désorientation ou une apathie. Chez la personne âgée, cette étape peut être particulièrement trompeuse car la soif est moins bien ressentie.
Pour repérer une déshydratation avant qu'elle ne devienne grave, deux indicateurs sont très fiables :
- La couleur des urines : si les urines sont foncées (couleur thé ou bière brune), la personne est déjà déshydratée. Des urines saines doivent être claires.
- Le test du "pli cutané" : pincez doucement la peau sur le dos de la main ou au niveau du thorax. Si la peau met plusieurs secondes à reprendre sa forme initiale et reste "plissée", c'est un signe de déshydratation avancée qui nécessite une hydratation immédiate et un avis médical.
Quand faut-il appeler le 15 sans attendre ?
Il faut appeler immédiatement le 15 ou le 112 si la personne présente des troubles de la conscience, des convulsions, une impossibilité ou un refus de boire, une coloration anormale de la peau.
En pratique, pendant une vague de chaleur, une personne âgée qui devient brutalement confuse, très faible, somnolente, désorientée, ou qui semble “ne plus être comme d’habitude” doit être considérée comme potentiellement en danger, même si elle ne décrit pas de plainte très précise.
Que faire tout de suite en attendant les secours ?
Le bon réflexe est de mettre la personne au frais ou climatisé le plus vite possible, desserrer ou enlever ses vêtements, l’asperger d’eau fraîche ou la recouvrir de linges humides, et créer un courant d’air si possible.
Si la personne est consciente et peut boire, on peut lui proposer de l’eau. En revanche, en cas de confusion marquée, de somnolence importante, de malaise ou de trouble de la conscience, il ne faut pas insister pour faire boire : la priorité est l’appel aux secours et le refroidissement.
Ce qu’il faut faire pour éviter d’en arriver là
Les gestes de prévention sont simples, mais doivent être appliqués avant l’apparition des symptômes :
- Boire régulièrement avant d’avoir soif,
- Rester au frais,
- Limiter les sorties et les efforts aux heures les moins chaudes,
- Manger suffisamment et plutôt frais, et éviter l’alcool. Limiter le thé et le café, qui peuvent favoriser la déshydratation lorsqu’ils sont consommés en excès.
À la maison, il faut garder le logement le plus frais possible : fermer volets et fenêtres quand il fait plus chaud dehors que dedans, ouvrir la nuit, créer des courants d’air, utiliser ventilateurs et brumisateurs si nécessaire, et éviter les appareils qui chauffent inutilement le logement.
Chez les personnes âgées ou fragiles vivant à domicile, il est utile de prévoir un contact quotidien avec un proche, un voisin ou un aidant. En France, les personnes âgées de 65 ans et plus, certaines personnes handicapées ou très vulnérables peuvent aussi s’inscrire sur le registre canicule de leur commune pour être contactées pendant les épisodes de forte chaleur.
Attention à l’excès d’eau pure : on pense souvent qu'il faut "boire, boire, boire", mais chez une personne âgée qui mange peu, boire de trop grandes quantités d'eau pauvre en sels minéraux peut provoquer une hyponatrémie (une chute du taux de sel dans le sang). Le bon réflexe à adopter est donc d'alterner l'eau avec des boissons qui apportent des sels: bouillons de légumes froids, jus de fruits légèrement salés, yaourts, ou compotes. Cela permet de garder l'eau dans le corps au lieu de simplement l'éliminer.
Attention aux médicaments
En période de forte chaleur, certains traitements peuvent aggraver le risque de déshydratation, d’épuisement thermique ou de coup de chaleur. C’est notamment le cas de certains médicaments qui modifient l’hydratation, la tension artérielle, la transpiration ou la vigilance. En cas de doute, il faut demander conseil à son médecin ou à son pharmacien.
En revanche, il ne faut jamais arrêter ou modifier seul un traitement habituel à cause de la chaleur. La bonne attitude est de faire réévaluer la situation, surtout chez la personne âgée polymédiquée.
Voici les familles de médicaments qui demandent une vigilance accrue :
- Les diurétiques : Utilisés pour la tension ou le cœur, ils augmentent l'élimination d'eau par les reins.
- Les neuroleptiques et certains antidépresseurs : Ils peuvent bloquer la transpiration ou dérégler le thermostat interne du cerveau.
- Les bêta-bloquants : Ils empêchent le cœur de s'accélérer pour compenser la dilatation des vaisseaux due à la chaleur.
- Les anti-inflammatoires (AINS) et l'aspirine : Ils peuvent altérer le fonctionnement des reins, déjà sollicités par la chaleur.
Comment Celsius Santé peut vous accompagner
Parce qu’un malaise lié à la chaleur peut aller d’une déshydratation débutante à une urgence vitale, l’équipe médicale de Celsius Santé vous accueille avec ou sans rendez-vous pour :
- Évaluer rapidement la gravité de la situation : température, tension artérielle, fréquence cardiaque, état de conscience, signes de déshydratation ;
- Distinguer un épuisement lié à la chaleur, une déshydratation et une situation évoquant un coup de chaleur ;
- Rechercher les facteurs aggravants, en particulier chez la personne âgée : isolement, perte d’autonomie, maladie chronique, prise de médicaments, logement mal adapté ;
- Réaliser un examen clinique complet et décider si une orientation urgente vers l’hôpital est nécessaire ;
- Revoir les mesures de prévention personnalisées pour éviter une récidive pendant l’épisode de chaleur ;
- Assurer un suivi réactif avec notre programme de suivi Aftercare, notamment chez les personnes âgées ou fragiles, pour réévaluer l’évolution après un premier épisode de déshydratation ou de malaise.
Celsius Santé. Votre santé n’attend pas.
À retenir
Le coup de chaleur est une urgence médicale. Chez l’adulte, il peut survenir après un effort intense en plein chaud. Chez la personne âgée, il peut être plus insidieux, avec moins de soif et des signes parfois atypiques comme une grande faiblesse, une confusion ou une somnolence. Le bon réflexe est de mettre la personne au frais, la refroidir rapidement, appeler le 15 ou le 112 en cas de signe de gravité, et ne pas attendre que la situation s’aggrave.
Sources :
Ministère de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées “Les vagues de chaleur et leurs effets sur la santé”. Disponible sur sante.gouv.fr
L’Assurance Maladie “canicule, forte chaleur et santé”. Disponible sur ameli.fr
Santé Publique France “Fortes chaleurs et canicule : un impact sur la mortalité important nécessitant le renforcement de la prévention et de l’adaptation au changement climatique”. Disponible sur santepubliquefrance.fr
La canicule désigne un épisode de fortes chaleurs qui dure plusieurs jours, avec des températures élevées le jour et la nuit. Le coup de chaleur, lui, est une urgence médicale individuelle : le corps n’arrive plus à réguler sa température. On peut donc vivre une canicule sans faire de coup de chaleur, mais la canicule augmente fortement le risque, surtout chez les personnes âgées, fragiles ou isolées.
L’alcool favorise la déshydratation et peut diminuer la perception du danger. Il peut aussi altérer la vigilance, le sommeil et la capacité à réagir en cas de malaise. Chez une personne âgée ou fragile, même une consommation modérée peut aggraver une situation déjà à risque pendant une vague de chaleur. En période de fortes chaleurs, l’eau et les boissons non alcoolisées restent à privilégier.
Un ventilateur peut aider si l’air n’est pas trop chaud et si la peau est régulièrement humidifiée avec un brumisateur, un linge humide ou une douche tiède. En revanche, lorsque la température intérieure devient très élevée, brasser de l’air chaud peut être insuffisant, surtout chez une personne âgée ou fragile. Dans ce cas, le plus utile est de rejoindre un lieu plus frais ou climatisé quelques heures dans la journée.
La nuit devrait permettre au corps de récupérer. Lorsqu’il fait encore très chaud, surtout dans un logement mal isolé, l’organisme reste sous contrainte et la fatigue s’accumule. Chez les personnes âgées, cela peut favoriser une déshydratation progressive, une confusion, des troubles du sommeil ou une perte d’autonomie le lendemain. Les épisodes où il fait chaud plusieurs jours et plusieurs nuits de suite sont donc particulièrement à risque.
Il faut se méfier lorsque la chaleur reste élevée dans le logement, surtout la nuit, et que la personne n’arrive plus à récupérer. Des signes indirects peuvent alerter : fatigue inhabituelle, sommeil perturbé, perte d’appétit, confusion, baisse des urines, difficulté à se lever ou à faire les gestes habituels.


