Santé de la femme
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Pertes vaginales : quand s’inquiéter vraiment ?

Publié le
04.05.2026

En bref

Avoir des pertes vaginales n’est pas forcément anormal.

Chez une femme non ménopausée, des pertes claires, blanches ou jaune pâle, sans odeur forte et non irritantespeuvent être parfaitement physiologiques et varient souvent selon le moment du cycle. En revanche, lorsqu’elles changent nettement d’aspect, s’accompagnent de démangeaisons, brûlures, mauvaise odeur, douleurs pelviennes, saignements en dehors des règles ou surviennent après un rapport sexuel à risque, elles peuvent révéler une mycose, une vaginose bactérienne, une trichomonase, une cervicite à chlamydia, une irritation locale ou, plus rarement, une atteinte gynécologique plus sérieuse.

Dans la grande majorité des cas, il ne s’agit pas d’une urgence vitale. Mais il ne faut pas banaliser des pertes inhabituelles qui persistent, récidivent ou s’accompagnent d’autres symptômes.

Le bon réflexe n’est ni la honte, ni l’autodiagnostic répété, mais une évaluation médicale simple et ciblée.

Celsius Santé vous aide à distinguer ce qui peut être normal de ce qui mérite un examen, sans tabou ni jugement.

En cas d'urgence vitale, veuillez composer le 15

Les pertes vaginales, c’est quoi exactement ?

Les pertes vaginales, aussi appelées leucorrhées, ont pour rôle d’humidifier naturellement le vagin et de maintenir l'équilibre de son microbiote vaginal. Ce dernier est composé de "bonnes" bactéries, les lactobacilles, qui forment une barrière protectrice contre les germes.

Chez de nombreuses femmes, elles peuvent être présentes tous les jours ou par intermittence, en petite quantité, avec un aspect clair ou blanchâtre, sans odeur marquée et sans sensation de brûlure. Cet écoulement physiologique ne traduit pas une infection.

L'aspect des pertes varie naturellement selon la vie hormonale :

  • Période d'ovulation : Elles deviennent fluides, transparentes et abondantes (aspect "blanc d'œuf").
  • Deuxième partie de cycle : Elles sont plus laiteuses et épaisses. Cela reste normal tant qu’il n’y a ni gêne, ni odeur forte, ni douleur.
  • Contraception : Le stérilet au cuivre peut augmenter leur volume, tandis que la pilule peut parfois les modifier ou induire une sécheresse.
  • Grossesse : Les pertes sont souvent plus abondantes, elles restent normales tant qu’elles gardent un aspect laiteux ou transparent, blanc ou jaune clair, sans odeur inhabituelle. Attention : si elles deviennent liquides comme de l'eau, une consultation est nécessaire pour exclure une fissure de la poche des eaux.

Quand les pertes deviennent-elles anormales ?

Ce qui doit surtout alerter, ce n’est pas seulement la présence de pertes, mais leur changement récent ou leur association à d’autres symptômes.

  • odeur désagréable ou odeur de poisson
  • aspect mousseux, verdâtre ou gris
  • texture épaisse et grumeleuse
  • démangeaisons vulvaires
  • brûlures, rougeur ou gonflement de la vulve
  • douleurs pendant les rapports
  • brûlures urinaires
  • saignements entre les règles ou après les rapports
  • douleurs du bas-ventre
  • fièvre

Le plus souvent, ces symptômes correspondent à une vaginite ou une vulvovaginite, c’est-à-dire une inflammation du vagin et parfois de la vulve. Elle peut être d’origine infectieuse, comme une mycose, ou non infectieuse, par irritation locale ou déséquilibre de la flore vaginale.

Les causes les plus fréquentes

Ces situations se ressemblent souvent, mais certains repères orientent.

La mycose vaginale

La mycose vaginale ou vulvo-vaginale donne classiquement des démangeaisons importantes, une irritation vulvaire, parfois une sensation de brûlure, avec des pertes plutôt épaisses, blanches, adhérentes ou grumeleuses, parfois décrites comme du “lait caillé”. Le pH vaginal reste en général normal, ce qui aide le médecin à l’orienter lors de l’examen. Les récidives sont favorisées notamment par les antibiotiques, la grossesse, le diabète ou certaines situations de sécheresse ou fragilité muqueuse.

La vaginose bactérienne

La vaginose n’est pas une mycose. Il s’agit d’un déséquilibre de la flore vaginale, avec diminution des lactobacilles protecteurs et augmentation d’autres bactéries. Elle donne souvent des pertes fluides, homogènes, grisâtres ou jaunâtres, surtout malodorantes, avec une odeur de poisson typique.

Il s’agit de la clause la plus fréquente des leucorrhées pathologiques. Elles ne sont pas considérées comme des IST, même si certains facteurs sexuels peuvent favoriser sa survenue.

La trichomonase

C’est une infection sexuellement transmissible (IST) provoquée par un parasite. Elle amène à des pertes jaune-verdâtre, mousseuses (sprumeuses), malodorantes, avec irritation locale, douleurs pendant les rapports ou douleur en urinant.

Le traitement du partenaire est ici indispensable.

La chlamydia et les cervicites

Contrairement à la vaginose bactérienne ou à la plupart des mycoses vaginales, la chlamydia est une IST. Elle est due à une bactérie, Chlamydia trachomatis, et elle est particulièrement fréquente chez les jeunes adultes. L’infection se montre souvent discrète voire asymptomatique.

Chez la femme, elle peut provoquer une cervicite, c’est-à-dire une inflammation du col de l’utérus. Celle-ci peut se manifester par des pertes blanchâtres, des brûlures en urinant, des douleurs pendant les rapports, de petits saignements après les rapports ou entre les règles, ainsi que des douleurs pelviennes. Non traitée peut remonter vers les trompes et provoquer une infection génitale haute, avec un risque de complications sur la fertilité.

L’irritation, l’allergie ou l’excès d’hygiène

Environ 1 vaginite sur 3 n’est pas due à une infection.

Des produits d’hygiène trop agressifs, des douches vaginales, certains gels lubrifiants, des spermicides, des préservatifs mal tolérés, des sous-vêtements synthétiques ou trop serrés peuvent provoquer une irritation vulvo-vaginale ou déséquilibrer la flore naturelle.

Dans ce cas, il peut y avoir brûlure, gêne, parfois pertes, mais l’origine n’est pas forcément microbienne.

Le tampon oublié ou un corps étranger

Un tampon oublié ou un autre corps étranger vaginal peut également entraîner des pertes souvent abondantes et nauséabondes, parfois avec irritation, et doit conduire à consulter.

Après la ménopause

Après la ménopause, la baisse des oestrogènes rend les muqueuses plus sèches, plus fines et plus sensibles aux irritations.

Les symptômes intimes (brûlures, pertes) traduisent souvent une vulvovaginite non infectieuse liée à l’atrophie et à la sécheresse vaginale, même si une infection reste possible.

Que faire à la maison, et ce qu’il faut éviter

Les bons réflexes :

  • Hygiène externe uniquement : Utilisez un produit doux (pH neutre). Évitez absolument de laver l’intérieur du vagin ou de faire des douches vaginales : cela détruit vos "bonnes" bactéries.
  • Séchage : Tamponnez délicatement avec une serviette propre après la toilette.
  • Sous-vêtements : Privilégiez le coton et évitez les vêtements trop serrés.

À éviter :

  • L'automédication au hasard : Utiliser un ovule pour mycose alors que vous avez une vaginose peut aggraver le déséquilibre.
  • La toilette juste avant le RDV : L’aspect et l’odeur des sécrétions aident le médecin à poser le diagnostic.
  • Rapports sexuels : Évitez-les 24h à 48h avant un prélèvement pour ne pas fausser les résultats.

Quand faut-il consulter rapidement ?

Une consultation médicale est recommandée si :

  • les pertes changent nettement d’aspect ou d’odeur
  • elles persistent plusieurs jours ou récidivent souvent
  • elles s’accompagnent de démangeaisons, de brûlures ou d’une irritation vulvaire importante
  • il existe des douleurs pendant les rapports
  • il existe des brûlures urinaires
  • il existe des saignements entre les règles ou après les rapports

Il faut consulter plus vite, voire en urgence, en cas de :

  • fièvre associée à des pertes
  • douleurs pelviennes ou du bas-ventre
  • malaise
  • grossesse en cours
  • suspicion d’IST après un rapport non protégé
  • aggravation rapide des symptômes

Des pertes associées à une douleur pelvienne et à de la fièvre peuvent faire évoquer une infection génitale haute, comme une salpingite, qui nécessite une prise en charge médicale.

Pourquoi il ne faut pas avoir honte de consulter

Les pertes vaginales sont un motif très fréquent de consultation en gynécologie et en médecine générale.

Elles relèvent souvent d’affections bénignes, mais leur retentissement (inconfort, gêne sexuelle, inquiétude, récidives ou peur d’une IST) est réel.

Consulter ne veut pas dire “exagérer” : cela permet surtout de poser le bon diagnostic et d’éviter les traitements inadaptés.

Comment Celsius Santé peut vous accompagner

Parce que toutes les pertes vaginales ne se ressemblent pas, notre équipe médicale vous accueille avec ou sans rendez-vous pour :

  • évaluer si vos pertes relèvent d’une situation physiologique ou d’une infection probable
  • distinguer une mycose, une vaginose, une irritation locale ou une possible IST
  • rechercher les signes qui imposent un bilan plus rapide : grossesse, douleur pelvienne, fièvre, saignement anormal
  • prescrire un traitement adapté (ovules, antibiotiques ou probiotiques)
  • organiser les prélèvements et dépistages nécessaires
  • vous conseiller sans jugement sur l’hygiène intime, la prévention des récidives et la conduite à tenir avec un partenaire
  • Assurer un suivi via notre programme Aftercare Celsius si les symptômes persistent ou reviennent

Celsius Santé. Votre santé n’attend pas.

À retenir

Des pertes vaginales claires, peu abondantes, non malodorantes et non irritantes peuvent être normales. En revanche, une modification nette de l’odeur, de la texture ou de la couleur, surtout si elle s’accompagne de démangeaisons, brûlures, douleurs, saignements anormaux ou fièvre, doit faire consulter. La mycose, la vaginose bactérienne et certaines IST comme la chlamydia sont des causes fréquentes, mais elles ne se distinguent pas toujours parfaitement sans examen. L’objectif n’est pas de s’alarmer pour tout, mais de ne plus banaliser des symptômes inhabituels.

Sources

L’Assurance Maladie “Mycoses vaginales et autres vaginites”. Disponible sur ameli.fr : https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/vaginite

Haute Autorité de Santé “IST : la HAS recommande un dépistage systématique de l’infection à Chlamydia trachomatis chez les jeunes femmes”. Publié le 23 octobre 2018. Disponible sur has-sante.fr : https://www.has-sante.fr/jcms/c_2879454/en/ist-la-has-recommande-un-depistage-systematique-de-l-infection-a-chlamydia-trachomatis-chez-les-jeunes-femmes?

Haute Autorité de Santé “Traitement curatif des personnes infectées par Chlamydia trachomatis”. Publié en 2025. Disponible sur has-sante.fr : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2025-05/traitement_curatif_des_personnes_infectees_par_chlamydia_trachomatis_-_recommandations.pdf

Santé.fr “Faire la différence entre les pertes blanches, les infections et mycoses génitales”. Disponible sur sante.fr : https://www.sante.fr/faire-la-difference-entre-les-pertes-blanches-les-infections-et-mycoses-genitales?

Santé.fr “Mycose vaginale”. Mis à jour le 5 mai 2025. Disponible sur sante.fr : https://www.sante.fr/mycose-vaginale?

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